À 2400 mètres d’altitude, sur les pentes escarpées de la vallée du Langtang, le village de Thuman semble toucher le ciel. Huit cents habitants d’origine Tamang y vivent selon les rythmes ancestraux de l’agriculture de montagne et de l’élevage. Mais depuis le terrible séisme qui a frappé le Népal, leur école n’est plus qu’un souvenir.
Un village au bout du monde
Pour atteindre Thuman depuis Katmandou, il faut d’abord supporter huit heures de route cahoteuse jusqu’à Syaphru Besi, puis marcher quatre heures sur les sentiers de pierres. Ici, pas de route carrossable. Seuls les porteurs et les yaks peuvent acheminer matériaux et provisions.
Les maisons de pierre sèche s’accrochent au versant, leurs façades de bois sculpté ouvrant sur l’immensité de la vallée. Au rez-de-chaussée, se trouvent les bovins et les et à l’étage, une unique pièce sert de cuisine, de lieu de prière et de chambre. Le feu brûle à même le sol, sans cheminée, et la fumée s’échappe par les interstices du toit.
Les familles cultivent le blé, le millet et les pommes de terre sur des terrasses taillées dans la montagne. D’autres mènent leurs troupeaux vers les alpages en quête de fourrage. Quelques-unes exploitent le bois en forêt. Le « Tamang heritage trail » traverse le village et constitue la seule source de revenus extérieurs significative pour ces habitants.
Quand la terre a tremblé
En avril 2015, deux séismes de magnitude 7,8 et 6,7 ont frappé le Népal avec une violence inouïe. Près de 9.000 morts, 25.000 blessés, des dizaines de milliers d’habitations et d’édifices détruits. La région du Langtang, où se trouve Thuman, a été particulièrement touchée.
L’école du village s’est effondrée d’un coup. Les murs de pierre se sont écroulés, emportant avec eux des années d’efforts et d’espoir. Une structure temporaire en tôle ondulée a bien été érigée sur le site, mais comment apprendre dans ce hangar sans sol, où l’eau de pluie pénètre dans les salles de classe ? Les enfants et leurs enseignants, restés fidèles au village malgré la catastrophe, méritaient mieux.
Dès juillet 2015, SolHimal participait avec trois autres associations strasbourgeoises au collectif Humanis pour organiser une mission d’urgence au Langtang. Tentes, alimentation, couvertures, lampes… les premiers secours ont été acheminés vers les villages isolés, soutenus en partie par le Conseil régional.
Reconstruire avec intelligence
Mais l’urgence passée, il fallait penser à l’avenir. SolHimal a lancé un appel à générosité pour la reconstruction et s’est rapprochée d’Agirabcd Alsace pour bénéficier de son expertise en montage de projet et recherche de cofinancements.
Début 2016, une mission exploratoire s’est rendue dans la région du Langtang pour identifier le projet le plus utile. L’école gouvernementale primaire et secondaire de Thuman a été retenue : aucune aide gouvernementale n’avait été promise ni délivrée aux habitants pour reconstruire cet établissement essentiel.
Notre projet consiste à offrir à nouveau aux enfants de Thuman une véritable école, conçue cette fois pour résister aux séismes. Huit salles de classe au lieu des anciennes, soit 30% de surface supplémentaire, pour accueillir tous les élèves dans des conditions dignes.
Le défi est de taille : construire solide avec un budget limité, dans un village où tout matériau doit être acheminé à dos d’homme. La solution s’inspire du « National Building Code » népalais et de l’ingéniosité locale. Les murs utilisent les pierres du site, maçonnées autour d’une structure en bois. Cette charpente interne, composée de poutres et poteaux liés entre eux, reprend tous les efforts en cas de séisme. Les pierres ne font que remplir, ce qui diminue drastiquement les coûts et favorise l’économie locale.
Un chantier participatif
Fort de sa présence au Népal depuis 1988, SolHimal s’appuie sur son association partenaire de droit népalais « Saraswati » et ses vingt partenaires régionaux pour mener à bien ce projet.
En privilégiant les matériaux locaux – pierre et bois de la vallée – nous limitons les transports coûteux et donnons du travail aux artisans tamangs. Les familles participent à l’extraction de la pierre et au façonnage du bois, perpétuant ainsi leurs savoir-faire traditionnels tout en reconstruisant l’avenir de leurs enfants.
Cette école ne sera pas seulement un bâtiment. Elle représente la renaissance d’un village qui refuse de disparaître, la transmission d’une culture millénaire et la promesse que les enfants de Thuman pourront apprendre dans des conditions dignes, à l’abri de la pluie et du froid glacial de l’Himalaya.
Le projet de reconstruction de l’école de Thuman est terminé. Votre soutien a permis de redonner espoir à une communauté qui a tout perdu mais qui continue de croire en l’avenir.
Découvrez tous les détails du projet
Vous souhaitez en savoir plus sur les aspects techniques, les étapes de réalisation ou les besoins spécifiques de ce projet ? Consultez notre dossier complet et détaillé.





